Sur la blockchain, chaque transfert est public et reste inscrit pour de bon. On ne sait pas toujours qui se cache derrière une adresse, mais on peut suivre son argent, transaction après transaction. C'est le métier des enquêteurs on-chain : analystes, plateformes d'échange, polices, journalistes. Chaindoku transforme leurs méthodes en énigmes de logique.
Ce que voit un enquêteur
Une blockchain publique comme Bitcoin ou Ethereum est un grand livre de comptes ouvert à tous. Chaque transaction y indique l'adresse qui envoie, celle qui reçoit, le montant et le bloc où elle a été inscrite. Un explorateur de blocs, comme Etherscan pour Ethereum, permet de tout consulter depuis un navigateur.
Une adresse n'affiche pas de nom : c'est un pseudonyme. Tout l'art de l'enquête consiste à relier ces pseudonymes entre eux, puis à des services ou à des personnes, en croisant des indices. Exactement comme dans une grille de Chaindoku.
Les outils de l'enquête, et leur place dans le jeu
Le bloc
Dans la réalité
Les transactions sont regroupées dans des blocs numérotés, qui se suivent dans le temps. Le numéro de bloc date chaque mouvement : il dit ce qui s'est passé avant, et ce qui s'est passé après.
Dans le jeu
Les colonnes de la grille sont les blocs, de gauche à droite. « Elle a signé dans le bloc 3 » place une adresse dans la colonne B3.
Chaque transaction qui éloigne les fonds de leur origine est un saut. Les outils d'analyse mesurent ainsi la distance entre une adresse et un vol, une rançon ou une plateforme : un saut, deux sauts, dix sauts.
Dans le jeu
Les lignes de la grille sont les hops : en haut le hop 1, tout près de l'origine, plus bas les fonds qui se sont éloignés.
Les analystes regroupent les adresses qu'ils attribuent à une même entité. Exemple classique sur Bitcoin : des adresses dépensées ensemble dans une même transaction appartiennent souvent au même portefeuille. Un cluster peut ainsi désigner une plateforme, un service ou un groupe.
Dans le jeu
Les zones colorées de la grille sont des clusters. Une fois toutes les adresses placées, le coupable est le seul qui partage le cluster de la victime.
Un mixeur mélange les fonds de nombreux utilisateurs, les fractionne et les retarde pour brouiller la piste. La trace ne disparaît pas pour autant : chaque entrée et chaque sortie restent inscrites, et les montants comme les horaires trahissent parfois les liens.
Dans le jeu
Le mixeur est un marqueur et une zone de la grille : deux enquêtes en font le cœur de l'énigme.
Un pont fait passer des fonds d'une blockchain à une autre. Les blanchisseurs s'en servent pour casser la piste en changeant de chaîne, et les ponts eux-mêmes sont des cibles de choix pour les pirates.
Dans le jeu
Une enquête se joue des deux côtés d'un pont piraté, où chaque camp accuse l'autre.
Pour dépenser l'argent, il faut souvent passer par une plateforme d'échange. Les plateformes régulées vérifient l'identité de leurs clients : c'est souvent là qu'une adresse retrouve un nom, à la demande de la justice.
Dans le jeu
Les clusters CEX de la grille sont ces plateformes. Une enquête montre ce qui arrive quand quelqu'un prête son compte à des escrocs.
Des autorités inscrivent certaines adresses sur des listes de sanctions, et l'émetteur d'un stablecoin peut geler une adresse : ses jetons ne peuvent plus bouger. Les plateformes refusent les fonds qui en viennent.
Dans le jeu
Sur la grille, une adresse sanctionnée ou gelée est une case hachurée où personne ne peut être placé. Une enquête suit un butin sanctionné jusqu'à sa sortie.
Les très gros portefeuilles sont surveillés de près : leurs mouvements font bouger les marchés. Un portefeuille endormi depuis des années qui se réveille attire tous les regards.
Dans le jeu
Deux enquêtes partent de ces signaux : un transfert géant passé sans alerte, et un vieux portefeuille qui bouge le temps d'un seul mouvement.
Relier deux adresses reste une hypothèse plus ou moins solide, pas une preuve : les analystes parlent en degré de confiance. Certaines cryptomonnaies masquent les montants et les adresses, et les mixeurs comme les ponts compliquent la lecture. Mais sur une blockchain publique, rien ne s'efface : une piste froide peut se réchauffer des années plus tard.
À toi d'enquêter
Pas besoin de logiciel spécialisé : dans Chaindoku, la trace est déjà dessinée sur la grille. À toi de placer les adresses, de croiser les indices et de démasquer le coupable.